La Mega Drive, mon premier choc vidéoludique


Mon premier vrai souvenir de jeu vidéo est indissociable de la SEGA Mega Drive.
Je me revois très nettement, assis par terre chez mes grands-parents, à Noël. La boîte de la console est posée au sol, entre la table à manger et le buffet. Je la regarde comme si c’était quelque chose d’absolument incroyable. À cet âge-là, rien que le packaging suffisait à faire travailler l’imagination.
Il faut dire qu’on connaissait déjà la machine. Mes oncles avaient une Mega Drive 1, et avec mon cousin, on y jouait régulièrement chez mes grands-parents. Ce n’était donc pas un objet totalement inconnu, mais quelque chose de déjà chargé de désir. Et à un moment, presque naturellement, on a fini par avoir chacun la nôtre. Notre première console de jeu.
Les jeux, les vrais souvenirs


Sur Mega Drive, j’ai joué à énormément de choses.
Il y a les évidences : Sonic the Hedgehog, Street Fighter II, Streets of Rage. Des jeux auxquels je rattache immédiatement des sensations, des musiques, des moments précis.
Et puis il y a aussi des souvenirs plus particuliers. Boogerman, par exemple. Un jeu objectivement très grivois, où le personnage rote et pète à longueur de temps. Dit comme ça, ça paraît absurde, mais à l’époque, ça faisait partie de ces titres qui marquaient simplement parce qu’ils osaient autre chose.
Je me souviens aussi de World of Illusion, des Schtroumpfs, d’Astérix – l’horrible Astérix and the Great Rescue –, et même de Tintin au Tibet. Un jeu Infogrames assez dur, pas forcément très juste, mais qui reste paradoxalement un bon souvenir pour moi, malgré sa réputation et ce qu’en dira plus tard le Joueur du Grenier.
Les cartouches “collections”

Il y a aussi un souvenir très précis que j’ai toujours eu du mal à expliquer : les cartouches multi-jeux.
Ces cartouches avec quatre, cinq, parfois six jeux, accessibles via un menu très simple, souvent avec un fond bleu. On choisissait le jeu, et on jouait.
Je n’ai jamais vraiment su comment ces collections arrivaient en magasin, ni d’où elles venaient exactement. Ce que je sais, c’est qu’on se retrouvait parfois avec des jeux en double, parce qu’un titre qu’on possédait déjà se retrouvait dans une compilation. Sur le moment, ça n’avait aucune importance. L’idée d’avoir plusieurs jeux sur une seule cartouche était déjà en soi quelque chose d’assez fascinant.
Une console qui reste jouable


Aujourd’hui, j’ai toujours ma Mega Drive.
Je n’ai plus beaucoup de jeux, ou alors ils sont quelque part, rangés, sans que je sache exactement où. En revanche, j’ai acheté une manette 8BitDo M30, et c’est sans doute ce qui m’a le plus reconnecté à cette époque.
Cette manette reprend la forme de celle de la Saturn, mais il faut se rappeler qu’une version très proche existait déjà sur Mega Drive : start rouge, pas de L ni de R, un bouton “Mode” au-dessus. Dans l’esprit, c’est la même philosophie. Et quel plaisir à utiliser.
Je m’en sers surtout pour des jeux récents, comme Streets of Rage 4, parce que ce sont des jeux qui se prêtent parfaitement à ce type de contrôleur. Mais il est clair que si je prenais le temps de ressortir quelques jeux Mega Drive, ou même d’y rejouer via de l’émulation, ce serait un vrai plaisir. Pas par nostalgie pure, mais parce que la console reste, encore aujourd’hui, étonnamment jouable.
La Mega Drive, pour moi, ce n’est pas seulement une console.
C’est un point d’entrée. Un début. Un moment précis où le jeu vidéo est devenu quelque chose de concret, de tangible. Et avec le recul, je me rends compte que beaucoup de sensations que je recherche encore aujourd’hui viennent probablement de là.
