Sam Fisher a disparu, et ce n’est pas un hasard
Grim, il faut que j’y aille.
Cela fait maintenant plus d’une décennie que Sam Fisher a quitté le paysage vidéoludique. Splinter Cell n’a pas disparu brutalement, il s’est simplement éteint, lentement, sans annonce claire, sans véritable relève. Une absence d’autant plus visible que le genre de l’infiltration, lui, n’a jamais totalement disparu.
Pendant ce temps, la concurrence a continué d’exister. Hitman a su se réinventer en trouvant un nouvel équilibre entre infiltration, expérimentation et lisibilité. Sniper Elite, dans un registre différent, a maintenu une approche méthodique et assumée de la discrétion. Même le prochain jeu James Bond d’IO Interactive s’inscrit, au moins sur le papier, dans cette filiation du jeu d’espionnage moderne.
Face à cela, Ubisoft semble avoir perdu le fil. Les tentatives de modernisation, les hésitations créatives, puis les multiples remaniements internes et vagues de licenciements ont profondément fragilisé l’éditeur et ses studios. Dans ce contexte, Splinter Cell n’est plus seulement une licence en pause : c’est un symbole d’un savoir-faire que l’éditeur peine aujourd’hui à faire renaître.
Le problème n’est sans doute pas que le public ne veuille plus de Sam Fisher. Le problème est plutôt de savoir si Ubisoft est encore en mesure de proposer une vision claire, cohérente et assumée de ce que pourrait être Splinter Cell aujourd’hui. Tant que cette question restera sans réponse, l’absence de Fisher continuera de paraître moins comme un choix que comme une conséquence.
