2000's

TrackMania (2003) – La démo que je n’ai jamais lâchée

Gagner une seconde, perdre dix tentatives.

Il y a des jeux qu’on découvre par hasard. Pour moi, TrackMania (2003), c’était une démo dans un magazine. Je me souviens encore de la couverture : une voiture lancée à pleine vitesse, un looping en grillage en arrière-plan. J’ai passé des heures à relire l’article, à observer les captures, à imaginer les circuits… puis encore plus d’heures sur la démo elle-même.

La voiture manquait de stabilité, elle glissait, partait en deux roues à chaque virage, à s’en rendre dingue. Mais c’était ça qui faisait le charme. Chaque virage demandait de l’anticipation. Chaque saut était un pari. Ce n’était pas qu’un jeu de course : c’était un mélange étrange de time attack, de plateforme et de puzzle à grande vitesse. Un concept simple, mais redoutablement efficace.

Ce que le studio français Nadeo a réussi à faire avec ce premier opus était déjà impressionnant : proposer un jeu compétitif, précis, où la maîtrise comptait plus que la puissance. On recommençait une piste dix, vingt, cinquante fois juste pour gagner quelques centièmes.

Par la suite, j’ai enchaîné TrackMania Sunrise, Nations, Nations Forever, puis toute la série TrackMania 2, jusqu’à la version TrackMania (2020). Et encore aujourd’hui, c’est un plaisir intact. La version moderne est plus propre, plus stable, plus aboutie. Mais l’original de 2003 garde une saveur particulière. Un produit différent. Plus brut. Plus imparfait. Peut-être plus magique aussi.

Même s’il n’est plus vraiment jouable facilement aujourd’hui, le premier TrackMania reste, pour moi, un souvenir fondateur. Une démo usée jusqu’à la moelle. Un magazine relu cent fois. Et un jeu que je recommande toujours d’essayer au moins une fois.